Diane Arbus fait partit des meilleurs photographes du XXe siècle et à même eut l'immense honneur de faire l'objet d'un biopic en 2007. Ce dernier intitulé “Fur : Portrait imaginaire de Diane Arbus” fût réalisé par Steven Shainberg et met l'accent sur le début de sa carrière.

Diane Arbus aura toujours su imposer son style

Diana Arbus est une photographe américaine née le 14 mars 1923 à New York. Elle fait ses débuts dans le monde de la photographie, en quelque sorte sous l’égide de son mari Allan Arbus. Dans ce mariage qui se brisera en 1960, elle reste dans l’ombre de son mari. Elle commencera néanmoins à prendre son envol trois ans avant sa rupture en réalisant ses premiers clichés personnels. En fait, ce désir de prendre son envol était sans doute déjà là bien avant, mais enfoui. Elle montrera tout au long de sa carrière qu’elle aspire à l’indépendance. Diane Arbus apprend puis, à sa manière, utilise ce qu’elle a appris pour faire ressortir une inspiration qui lui est propre.

Une aspiration à une carrière indépendante

Le premier envol de Diane Arbus, comme on l’a dit, coïncide avec l’échec de son mariage. Du temps où elle était mariée, elle se contente de faire tourner l’agence qu’elle a montée avec son mari. Il est fort probable qu’elle ait appris les techniques de la photographie grâce à Allan. Il est également probable qu’elle voulait devenir photographe comme son mari. Après la séparation d’ailleurs, elle étudiera la photographie à New York. Elle apprend la photographie dans sa ville natale et s’inspire du style de Walker Evans, grand photographe américain des années 1930. Celui-là aura su imposé le style documentaire et urbain à cette époque. Comme toujours, Diane Arbus puisera son inspiration par un apprentissage autodidacte, sans doute grâce à un sens de l’observation affiné. Puis elle se démarquera. Elle prend un second envol et préférera désormais le format carré au format rectangulaire. Elle ira jusqu’à imposer le style qui lui est propre. Pratiquement toute la carrière de Diane Arbus sera imprégnée de ce désir intrinsèque de se démarquer. On le voit notamment à travers ses clichés. Elle aime prendre en photo des inconnus, des personnes qui vivent en marge de la société (les handicapés mentaux, les nains, les travestis…). Elle est réellement fascinée par les personnages qui sortent de l’ordinaire. Elle imposera au monde de la photographie un visage pour le moins troublant de l’Amérique des années 1960. Un visage jusque-là occulté. Ce visage fait ressortir la marginalisation sociale de personnages atypiques. Mais elle s’attache à ces personnages. A ses yeux, ils ont beau avoir des handicaps ou des défauts, ils ont une vie. Cet attachement est bien subjectif parce que refusant de voir la réalité en face. Elle s’attache à des personnages regardés de haut par la société, des personnages qui ne vivent pas mais qui survivent au quotidien, en marge de la vie. Cet attachement qu’elle aura réussi à travers ses clichés va néanmoins la conduire à un état dépressif continu et plus tard, au suicide.

La reconnaissance de son style et de son inspiration

Six ans après ses débuts en photographie, Diane Arbus réalise un fabuleux travail axé sur les rites de la société américaine. C’est une vaste galerie de portraits d’Américains. Par ce travail réalisé dans le cadre d’une bourse de la fondation Solomon R. Guggenheim, elle commence à afficher clairement sa pensée à travers ses clichés. La galerie met en effet, en exergue des inconnus. Elle n’aura jamais eu envie d’ailleurs de faire des clichés de la haute société. Parmi ses clichés les plus célèbres, il y a celui des Jumelles identiques. Deux fillettes habillées en robe velours à col blanc son mises en scène. Les jumelles affichent un petit sourire pincé. Ce petit sourire pincé marque une certaine timidité ou un choc (ce qui serait compréhensible parce que les deux personnages voient s’approcher quelqu'un qui ne les regardent pas de haut). Mais derrière ce sourire pincé se cache également de la sincérité, le sceau naturel de l’innocence des enfants. Sinon, comment ne pas remarquer l’Enfant avec une grenade en plastique dans Central Park. Pris en 1962, ce cliché met en scène un gosse aux membres déformés. Ce genre de cliché est bien typique de Diane. Elle s’intéresse à ceux à qui la société tourne le dos. En 1967, elle participe à l’exposition New Documents au Musée d’art moderne de New York. C’est une première grande reconnaissance pour son style et son inspiration. Cette inspiration ne mourra pas avec elle. En 2003, entre autres, une exposition intitulée Diane Arbus Revelations fût organisée à San Francisco. Plus de 200 photographies de la photographe américaine y furent exposées…

Pour conclure, voici ci-dessous un documentaire de la série Master of photography dédié à Diane Arbus. Malheureusement pour les non anglophone, il est dans la langue da Shakespeare.

Photographe, Photo Noir et Blanc


Chris C.

Passionné de photo depuis ma plus tendre enfance, j'ai étudié ce vaste sujet à la fac. C'est une période qui me manque, surtout le développement photo en chambre noir… Par la suite, j'ai commencé à devenir contributeur sur le site iStockPhoto en 2006 et ai finalement créé Déclic Photo fin 2014.